On ne peut pas rester passifs face aux attaques. Le concept de « ne pas subir » est essentiel dans la gestion de crise, surtout dans une bataille informationnelle.
Pourquoi réagir est essentiel
Réagir à la désinformation ou a de la manipulation, ne signifie pas forcément être frontal ou conflictuel. Il existe de nombreuses manières de répondre de façon constructive et apaisée. L’important est d’adopter une approche en phase avec la situation et le public, en privilégiant le dialogue et la clarté plutôt que la confrontation.
Lorsque le cas auquel vous êtes confronté.e est critique, l’objectif n’est pas seulement de corriger, mais aussi d’aider chacun à mieux comprendre, à faire preuve d’esprit critique et à se faire sa propre opinion avec tous les éléments en mains, dans un climat serein et respectueux.
Lorsqu’on est confronté à des commentaires violents, haineux et négatifs, à des accusations infondées ou à de fausses informations, ignorer la situation peut sembler tentant. Cependant, cette passivité participe au vide informationnel. Dans ces espaces qu’on dit toxiques, des récits et narratifs alternatifs peuvent s’installer, souvent favorables à ceux qui cherchent à nuire.
En choisissant de s’imposer et de réagir, une organisation ou une institution prend le contrôle du ou des récits qui la concerne. Cela signifie qu’elle peut influencer la manière dont l’information est perçue et éviter ou limiter que des rumeurs néfastes ne s’enracinent.
Les clés de la gestion de crise
Pour naviguer efficacement dans une crise, plusieurs clés essentielles doivent être mises en œuvre :
- Anticipation : La première étape consiste à comprendre les vulnérabilités spécifiques à son secteur d’activité. En identifiant ces points sensibles, une organisation peut se préparer à des attaques potentielles. Par exemple, une entreprise de technologie pourrait anticiper des critiques sur la sécurité de ses produits et préparer des réponses factuelles avant même que de fausses accusations n’émergent.
- Détection précoce : La capacité à reconnaître les signaux faibles d’une désinformation est nécessaire. Ces signaux peuvent prendre la forme de commentaires sur les réseaux sociaux, de mentions dans des articles ou d’autres formes de communication. En surveillant constamment l’environnement médiatique et les discussions publiques en ligne concernant son entité, une organisation, une institution ou une entreprise peut intervenir rapidement pour rectifier le tir avant que les rumeurs ne prennent de l’ampleur.
- Riposte rapide et factuelle : Lorsqu’une réaction est nécessaire, il est primordial de répondre de manière structurée et fondée sur des faits. Cela signifie élaborer des messages clairs, concis et vérifiables, sans céder à l’émotion ou à des attaques personnelles. Une réponse bien pensée met en valeur la transparence et la responsabilité, ce qui permet de conserver la confiance du public.
Les bénéfices d’une réponse efficace
Une organisation / institution, qui réagit de manière appropriée à une crise ne protège pas seulement sa réputation, mais elle renforce également la confiance du public. En montrant qu’elle est proactive et engagée dans la résolution des problèmes, elle peut changer la perception des gens ; surtout celle de ceux qui sont dans le doute et loin d’être acquis aux acteurs de désinformation. Ce processus peut également créer un environnement favorable où les clients, bénéficiaires et les partenaires se sentent en sécurité pour exprimer leurs préoccupations et poser des questions.
De plus, une riposte bien menée peut transformer une situation défavorable en une opportunité. En démontrant une capacité à gérer les crises, une organisation peut se positionner comme un leader dans son secteur et attirer ainsi de nouvelles audiences et consolidant sa base existante.
« Ne pas subir » est une approche essentielle dans le monde actuel, où l’information peut façonner les perceptions et influencer les décisions. Grâce à l’anticipation, à la détection rapide des menaces et à des réponses factuelles, organisation, institutions et entreprises peuvent non seulement se défendre contre les attaques, mais aussi en sortir renforcées.
Par Ekedi Kotto Maka
