1. Diagnostic précis du récit trompeur ou biaisé
Avant d’entrer en résistance, il est crucial de bien comprendre les fondements du récit que vous souhaitez déconstruire. Cela implique d’identifier les éléments narratifs et émotionnels qui le soutiennent. Posez-vous des questions clés :
- Qui est l’auteur de ce récit ?
- Quelles émotions suscite-t-il ?
- Quelles communautés le relaient ?
Une analyse approfondie vous permettra d’éviter de réagir à une version caricaturale ou simpliste du récit. En comprenant les mécanismes sous-jacents, vous serez mieux armé pour formuler une réponse pertinente et efficace.
2. Analyse des vulnérabilités
Il est essentiel de rechercher les failles dans le récit dominant. Souvent, ces récits reposent sur des simplifications excessives, des raccourcis ou des contradictions. Par exemple, examinez les généralisations excessives ou les incohérences entre les actions des relais du récit et leurs messages publics. Une analyse rigoureuse de ces vulnérabilités peut ouvrir des portes pour fragiliser la crédibilité du récit trompeur/biaisé. N’oubliez pas qu’un récit est souvent plus puissant quand il semble cohérent, alors mettez en lumière ses incohérences pour faire vaciller son autorité.
3. Choix de la posture stratégique
La manière dont vous choisissez de répondre au récit dominant doit être stratégique. Réagir sans préparation peut aggraver la situation, faciliter le renforcement de l’adversaire ou même nuire à votre propre crédibilité. Tenez compte de plusieurs facteurs : le public ciblé, le contexte, et la menace que représente le récit dominant. Il n’existe pas de réponse unique; une approche adaptée à chaque situation est impérative. Une stratégie bien définie est votre meilleur atout pour riposter efficacement.
4. Application des « 4C »
Pour structurer une réponse narrative solide, appliquez le principe des « 4C » :
- Clarté
- Cohérence
- Crédibilité
- Connexion émotionnelle
Un message qui respecte ces quatre piliers a de meilleures chances d’être perçu et retenu par l’audience. Par exemple, si une organisation publique doit communiquer sur une réforme impopulaire, elle doit s’assurer que ses données sont non seulement fiables, mais aussi présentées de manière claire et accessible. Si le message semble contradictoire avec les positions passées de l’organisation ou ne résonne pas avec les préoccupations des citoyens, il risque de compromettre son efficacité et d’ouvrir la porte à des récits trompeurs ou biaisés.
5. Évaluation de la fenêtre de tir
Le timing est fondamental lorsque vous envisagez de diffuser un contre-récit. Les récits émergents suivent généralement une courbe de vie : naissance, montée, stabilisation ou extinction. Réagir trop tôt peut prêter de la visibilité à un récit encore marginal, tandis qu’une réaction tardive peut valider le récit par le silence. Une évaluation continue de la situation informationnelle vous permettra de choisir le moment optimal pour introduire votre contre-récit.
6. Maintien de la pression stratégique
Déconstruire un récit trompeur ou biaisé dominant nécessite une approche durable. Dans un environnement saturé d’informations, un message isolé ne suffit pas à renverser la tendance. La répétition et la variation des formats, ainsi que l’adaptation aux différents canaux de communication, sont essentielles pour instaurer une présence cognitive concurrente. Ce processus demande des ressources et du temps, mais sans une pression continue, vous risquez de laisser le champ libre au récit adverse.
Par Ekedi Kotto Maka
